Laurie Tompkins
Silnaye
Scream Queen! My Nightmare on Elm Street - Roman Chimienti & Tyler Jensen (Documentaires)
Swallowed - Carther Smith (Film de clôture)
Lausanne Underground
Film & Music Festival
21e édition
19–23.10.2022
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C’est une fois les pièces du puzzle mises à plat que l’on se rend compte de la « grande image » - « the big picture ». Les cinéramas présentés ici, qu’ils soient fruits de réflexions neuves ou pièces rapportées, comme le focus sur la reine de l’exploitation Roberta Findlay sans cesse reporté pour cause de pandémie, ont tous été pensés de manière individuelle. Les compétitions sont le résultat de travaux de sélection de longue haleine, émanation de l’union des sensibilités divergentes de sélectionneur·se·s aguerri·e·s. C’est paradoxalement grâce à leur contraste que les pièces s’assemblent avec aisance, formant un ensemble salvateur face à l’uniformisation de l’offre cinématographique contemporaine. Le documentariste engagé Travis Wilkerson répond ainsi à l’humour acerbe du pornographe Stephen Sayadian, le focus sur le cinéma Camp fait de l’oeil à l’oeuvre de la bulgare Mara Mattuschka, tandis que Peter Strickland ouvre le bal après l’avoir clôturé en 2018 avec son mémorable In Fabric.

Sauf indication contraire, tous les films proposés sont interdits au moins de 16 ans révolus.

→ GRILLE HORAIRES


→ Film d'ouverture : FLUX GOURMET
→ Séance spéciale : NEVER GATE (Première mondiale | Entrée libre)
→ Film de clôture : SWALLOWED

COMPETITION

→ Jury
Longs métrages
Courts métrages

CINERAMA

Bad Taste is Good Taste : Underground Camp Melodrama

Esthétique de l'outrance, de l'artifice, de la « fabulosité » et de la folitude, le Camp s'est illustré au cinéma par le biais de films ne reculant devant aucun excès, aucune démesure. En témoignent quatre productions au programme de cette édition du LUFF : Seeds et sa matriarche tyrannique flanquée de rejetons névropathes ; Multiple Maniacs et sa symphonie de perversions orchestrée par Lady Divine ; la fresque gothico-porno Thundercrack!, où nymphomanie et zoophilie sont au menu d'un festival de turpitudes, et le soap opera déjanté The Devil's Cleavage, cinglante parodie des mélodrames américains d'après-guerre. Entre expérimentation et exploitation, ces joyaux du diadème Camp prouvent l'indécente vitalité d'un concept prompt à mettre les genres (cinématographiques et sexuels) cul par-dessus tête.
Pascal Françaix, auteur de Camp! vol.1 à 3 - Marest éditeur

→ SEEDS
→ MULTIPLE MANIACS
→ THE DEVIL'S CLEAVAGE
→ THUNDERCRACK!
Roberta Findlay : Férocement indépendante

N’allez surtout pas la traiter de cinéaste féministe, et encore moins d’auteure, sous peine de provoquer sa colère. Lorsqu’on lui demande comment elle se définirait, sa réponse est claquante : comme une femme pragmatique! Celle qui a toujours voulu faire de l’or avant de l’art, est aujourd’hui, à sa plus grande incompréhension, une figure mythique du cinéma d’exploitation new-yorkais. Réalisatrice d’une bonne flanquée de pornos et de quelques bandes horrifiques, elle fut l’une des rares femmes à avoir œuvré dans ce milieu. Méthodique et organisée, elle pouvait tourner trois films en même temps et en monter un de plus avec les chutes, productrice et scénariste à ses heures, Roberta Findlay aimait par-dessus tout tenir elle même la caméra, on la surnommait le trépied humain tant elle arrivait à rester stable, et parfaire ses éclairages sur les tournages. À travers trois films détonnants, le LUFF rend hommage à une cinéaste tout simplement indispensable.

→ MYSTIQUE
→ A WOMAN'S TORMENT
→ TENEMENT
Mara Mattuschka : Retrospective of an Anti Diva

Artiste bulgare née en 1959, Mattuschka s’est d’abord orientée vers les mathématiques, la linguistique et l’anthropologie, avant de bifurquer vers un cursus artistique à l’université des arts appliqués de Vienne où elle se spécialise dans la peinture et l’animation. En parallèle de sa carrière d’artiste-peintre, elle réalise dès 1983 des courts métrages mêlant performance, body art et expérimentations. Cet « exhibitionnisme transformé en art », dixit Peter Tscherkassky, interroge sa propre identité en tant qu’artiste et femme, avec humour et un certain masochisme rappelant les actionistes viennois. Notre sélection propose de traverser la spectre mattuschkien à travers ses travaux en 16mm (1984-1997), une sélection de courts tournés en vidéo (2003-2009) et son dernier long métrage en date tourné en 2018.

→ COURTS METRAGES 16mm (1984-1997)
→ LOADING LUDWIG
→ COURTS METRAGES VIDEO (2003-2009)
→ PHAIDROS
Focus & carte blanche : Stephen Sayadian

Votre regard a probablement déjà croisé le travail de Sayadian. Quand vous lisiez Hustler, le magazine satirico-cochon de Larry Flint pour lequel Sayadian dirigea des campagnes photographiques à l’humour grinçant. Ou sur des affiches de cinéma conceptualisées par ses soins (Pulsions de De Palma, Fog de Carpenter, …), ou via des vidéo clips – pour Wall of Voodoo notamment. En 1983, en compagnie du photographe Francis Delia et de l’écrivain et scénariste Jerry Stahl, il entame la mise en œuvre de pornos avant-gardistes. Conscient de pouvoir injecter dans ses films ce qu’il voulait à partir du moment où il y intégrait le quota de scènes de sexe suffisant, Sayadian signe des bandes singulières où l’esthétique explose et l’excitation se meurt, condamnant leur carrière commerciale dans le circuit du X mais la propulsant dans le circuit des Midnight Movies qui couronna Pink Flamingos et Eraserhead en leur temps. Son porno Café Flesh et son incroyable (et non-X) Dr. Caligari ayant retrouvé leur éclat surréaliste grâce à de récentes restaurations, le LUFF vous propose de les (re)découvrir en présence de leur auteur.
Parallèlement, Sayadian présentera trois oeuvres cinématographiques décoiffantes l'ayant marqué à différentes périodes de sa vie.

{voir aussi: installation "Sideshow on a Trip to the Abyss: Stephen Sayadian"}

→ DR. CALIGARI
→ CAFE FLESH
→ A LADY IN A CAGE
→ SANTA SANGRE
→ THE BITTER STEMS
SOCIAL & EXPERIMENTAL : LES FILMS DE TRAVIS WILKERSON

Ce serait presque injuste d’employer l’expression consacrée « cinéaste et activiste politique » pour présenter Travis Wilkerson tant ces deux étiquettes sont indissociables lorsqu’on veut parler de son travail.
Né en 1969 dans le Colorado (USA), Wilkerson n’a eu de cesse de lier la pensée politique à la pratique artistique et réalise depuis les années 90 des documentaires militants dans le plus pur style Agitprop. En s’emparant des techniques de collage et de composition d’images propres à la communication soviétique pour les intégrer dans sa pratique du cinéma, il a inventé des objets audio-visuels révolutionnaires d’un point de vue esthétique mais aussi, vous m’aurez vu venir, d’un point de vue thématique. Pour prendre des claques d’anti-racisme, anti-impérialisme et anti-capitalisme, suivez le guide Wilkerson.

→ NUCLEAR FAMILY
→ DID YOU WONDER WHO FIRED THE GUN?
→ AN INJURY TO ONE
→ ACCELERATED UNDER-DEVELOPMENT: IN THE IDIOM OF SANTIAGO ALVAREZ
SATIRIQUE & POLITIQUE : UNE SELECTION DE COURTS PAR JEAN-PIERRE BOUYXOU

Jean-Pierre Bouyxou est un agitateur et anarchiste convaincu. Lui qui avait 22 ans en 1968 s’est rapidement saisi d’une plume qui fut publiée dans la plupart des journaux phares de ces 60 dernières années : de Hara-Kiri à Siné Hebdo en passant par Métal Hurlant et Paris Match – pour ne citer que ceux-là. Il est également romancier, essayiste, réalisateur de films pour adultes, acteur (Vortex de Gaspar Noé), grolandais et cinéphile passionné. Lui-même auteur de quelques courts expérimentaux à la fin des années 1960, JPB propose ici une sélection de courts métrages francophones alliant psychédélisme (Chromo Sud), fantastique (Maximiliani Ultima Nox), avant-garde (Etes-vous malade ?) et l’humour malotru de son ami entarteur Noël Godin (Grève et pets).

→ PROGRAMME 1
→ PROGRAMME 2
Documentaires